Ah! Comme l'essence a monté...
Il y a de ces jours où l'actualité, plutôt que de me rendre morose, m'emplit d'un bonheur, d'une poésie, de l'enthousiasme de l'idéaliste devant l'inconnu. Ces jours où le prix de l'essence à la pompe dépasse la barre psychologique du 1$...
Ces jours-là, je me plais à extrapoler la tendance et à m'imaginer vivre dans un monde où le pétrole serait vraiment, mais alors là vraiment, hors de prix.
Je me plais à imaginer qu'à court terme, le prix des denrées exportées bondirait à cause de l'augmentation des coûts de transport, donnant par le fait même un sérieux avantage aux produits locaux.
Je me plais à imaginer une panique prévisible au sein de la population. Panique qui serait suivie d'une prise en main collective, puisque c'est dans l'adversité que l’Homme joue au mieux son rôle d'espèce évoluée.
Je me plais à imaginer le covoiturage comme étant la norme. Les transports en commun bondés d'ex-automobilistes. Les vélos se propageant dans les rues tels des virus.
Si j'extrapole encore, je me plais à imaginer qu'un pétrole inabordable rendrait tout aussi inabordables les plastiques sous toutes leurs formes. Or, il faudrait inventer autre chose. Du coup, les chercheurs retourneraient à leurs labos. Des centres de recherche naîtraient. Des entrepreneurs créeraient de nouveaux empires à partir de nouveaux matériaux.
Je me plais à imaginer l'industrie automobile acculée au mur, forcée qu'elle serait de commercialiser sans tarder les véhicules électriques, à hydrogène, à eau, que l'on dit inventés depuis belle lurette.
Je me plais à imaginer que toutes ces nouvelles réalités pousseraient l'économie actuelle à se réinventer à partir de nouvelles bases. Des emplois seraient perdus, d'autres seraient créés. Exactement comme la guerre est un moteur économique, l'émergence d'un monde sans pétrole ouvrirait un vortex de nouvelles occasions.
Je me plais à imaginer une grande et salvatrice destruction. Celle de toutes ces créatures nées de cette substance noire et visqueuse. Créatures qui nous séduisent, certes, mais nous étouffent. Créatures dont les cadavres seraient exposés dans les musées en tant que témoins d'un âge révolu.
Hier soir, j'ai allumé des lampions. Et j'ai prié le ciel pour que le prix de l'essence ne baisse plus jamais.
Plus jamais...

Ce qui m'énerve le plus c'est de voir tous ces gens changer de modes de transport uniquement parce que le prix du pétrole augmente. Comme si la protection de l'environnement et ne pas polluer les poumons de nos concitoyens n'étaient pas une raison suffisante.
Rédigé par: Liaambrosia | le 18/10/2005 à 10:36
J'en profite pour laisser quelques tuyaux à ceuw qui souhaiteraient consommer moins !
http://www.kelsite.info/divers/baisser-consommation-essence.htm
Rédigé par: Doic | le 25/10/2007 à 02:04