La simplicité volontaire
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la simplicité volontaire ne se limite pas à cultiver un jardin ou à s'habiller dans les friperies. Que les vrais simples volontaires se lèvent!
Simpliste simplicité...
Quoi!? Vous ne connaissez pas encore ce mouvement qu'on appelle la
'simplicité volontaire'? Mais oui, vous savez, ceux qu'on invite à
toutes les émissions d'affaires publiques lorsqu'il est question de
surconsommation; ceux qui n'achètent pas de cadeaux à Noël; ces gens
qui ont choisi de vivre simplement en fabriquant leur savon et en
nettoyant leurs vitres avec du vinaigre! La simplicité volontaire n'est
pas une tendance nouvelle. Même si on en parle davantage en ces temps
où les chefs d'État invitent leurs citoyens à surconsommer pour mettre
de l'eau au moulin de l'économie, et où la publicité se fait de plus en
plus abrutissante. Pas étonnant que certains en aient ras le bol et
cherchent des moyens de vivre en marge de toutes ces idées
matérialistes et individualistes. Après tout, d'autres l'ont fait
avant: Gandhi, Benjamin Franklin et Jésus (sans vouloir tomber dans le
mysticisme).
Cheminement intérieur
Jadis, Charles Danten était vétérinaire. Il menait un gros train de vie
et s'était fabriqué un bonheur autour de son travail et de ses biens
matériels. Une remise en question dans sa vie l'a amené à devenir un
adepte de la simplicité volontaire. Une étiquette qu'il n'accepte pas,
d'ailleurs. Pour lui, la simplicité volontaire ne se définit pas: 'En
essayant de définir la simplicité volontaire, on est sujet à tous les
clichés. Comme ce mythe qui prétend qu'il suffit de troquer sa BMW
contre un vélo. Tout ça est accessoire, la simplicité volontaire
origine de l'intérieur.' Pour Charles Danten, sans cette démarche
intérieure, la simplicité volontaire ne sera qu'une mode passagère.
Tout comme le Feng Shui. 'Il faut d'abord commencer par essayer de se
connaître soi-même. Il faut se demander pourquoi on se laisse manipuler
si facilement par la publicité et pourquoi on recherche toujours des
modèles à suivre. Régler nos problèmes à la source, plutôt qu'en
surface, va se traduire indirectement par une vie plus conviviale et
plus simple. Mais personne ne peut dire quel est le modèle à suivre
pour notre espèce...'
Simplicité forcée?
Charles Danten fait partie du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV). Son approche de la simplicité est critiquée par plusieurs membres du réseau. On peut d'ailleurs le constater en jetant un coup d'oeil aux échanges enflammés dans la section de discussion du RQSV [www.simplicitevolontaire.org]. Plusieurs adeptes de la simplicité volontaire rejettent d'emblée toute technologie. D'autres veulent revenir à des valeurs d'antan. D'autres encore ne voient dans la simplicité volontaire qu'une démarche extérieure qui les force à couper toute surconsommation. 'On a beau vouloir réduire la consommation en périphérie, ajoute Charles Danten, mais comme le dit l'expression: chassez le naturel et il revient au galop. Si l'on n'a pas procédé d'abord par l'intérieur, ce n'est qu'un coup d'épée dans l'eau...'
Pas facile d'être simple!
L'approche intérieure dont parle Charles Danten, et qui est partagée par d'autres gens préoccupés par la simplicité volontaire, est plus difficile à réaliser. 'En général, on n'aime pas suivre cette direction-là. On préfère des solutions faciles. Ceux qui laissent leur travail sur un coup de tête et qui se retrouvent avec du temps libre ne savent souvent pas quoi en faire! De plus, on n'est pas obligé d'être contre la technologie... Pourquoi dire aux gens de ne pas regarder la télé? Il y a de bonnes choses à la télé! Je ne peux pas définir le monde dans lequel je voudrais vivre sauf pour dire que j'aimerais que l'entraide, la solidarité et le respect de l'environnement y soient des valeurs qui priment.'
Charles Danten veux bousculer nos valeurs les plus profondes: 'Cette remise en question intérieure interroge tout le système des croyances. Pourquoi croit-on? Peut-être parce que, quelque part, ça soulage nos anxiétés... Alors, pourquoi sommes-nous anxieux? Je pense que c'est une question élémentaire qu'il faut se poser...'
Charles Danten s'intéresse de près à la simplicité volontaire. Il est, par ailleurs, l'auteur du livre Un vétérinaire en colère (VLB), dans lequel il lève le voile sur les réalités gênantes qui se cachent derrière notre amour des animaux.
-Texte original paru dans l'hebdomadaire Voir du 10 janvier 2002.

c'est le colloc du RQSV en fin de semaine à l'UdeM 22 et 23
ton blogue est vraiment tripant, je suis tombé dessus en fesant une recherche sur l'auto- construction de maisons en terre.
Rédigé par: Emilie | le 21/04/2006 à 12:45
Le sens de la vie c'est d'apprendre à aimer.
Pour moi la simplicité volontaire est ce qui se rapproche le plus de notre essence de vie, de notre raison d'être. Je pense que la technologie nous ouvre la porte pour la découverte du monde dont nous faisons partis.
Voici une autre pensée que j'ai écrite ces dernières années.
Le temps de vivre, là où l'amour grandit.
Rédigé par: myradia | le 21/10/2006 à 11:58
Je trouve très intéressant le propos de Charles Danten et je suis d'accord avec le fait que c'est un changement intérieur qui est le plus efficace. Mais il faut savoir accepter l'imperfection et aussi accepter que le temps fasse son oeuvre... Et surtout, je rejette les idées "moralisatrices". Comme tu l'as dit autre part, c'est en vivant selon nos convictions au quotidien et sans chercher à "faire la morale" que les autres,autour de nous, commencent à réfléchir et changer des choses dans leur habitudes. C'est ce que je crois profondément. D'ailleurs, je fais partie d'un groupe de discussion du réseau de la simplicité volontaire (Ahuntsic) et chaque rencontre est rafraîchissante, intéressante et source de réflexion. Aucun jugement ni morale dans ces rencontres, puisque nous sommes tous des imparfaits, à la recherche de plus d'authenticité dans nos vies.
Rédigé par: Emma | le 17/07/2007 à 16:55