Un dernier adieu à la rivière Rupert
Vous
planifiez vos prochaines vacances? Pourquoi ne pas aller faire un tour
aux abords de la rivière Rupert? Comme Hydro-Québec s'apprête à la
détourner pour son nouveau barrage, c'est peut-être la dernière fois
que vous pourrez voir en chair et en eau ce joyau patrimonial...
La Rupert, c'est la dernière rivière vierge du Québec accessible par la route. C'est la plus grande décharge naturelle d'eau douce de la province. C'est aussi le berceau non seulement de brûlots, mais d'une variété de truite mouchetée ultra-résistante.
Or, si rien n'est fait, Hydro-Québec détournera bientôt la rivière pour construire son barrage hydroélectrique EM-1A.
Le regroupement Révérence Rupert
organise donc 5 expéditions en canot et en kayak auxquelles la
population est invitée. Tout ceci afin livrer un dernier adieu à cette
grande rivière et à se sensibiliser sur cette source d'énergie dite
"écologique" qu'est l'hydroélectricité. A-t-on encore besoin de barrages hydroélectriques? Je ne crois pas.
Le Québec a tout en poche pour devenir la capitale mondiale de
l'énergie éolienne (potentiel exploitable de 100 000 MW à moins de 25
km des lignes d'Hydro-Québec). Hydro-Québec aurait aussi tout intérêt à investir non plus dans la
production d'électricité, mais dans l'efficacité énergétique. C'est
qu'il y a tout un terrain à défricher afin d'en arriver à faire un
usage plus intelligent de l’électricité. En consommer moins et mieux. Les chiffres nous donnent d'ailleurs raison. L'efficacité
énergétique présente un potentiel de 12 TWh à un coût de 2,8 cents/kWh.
En comparaison, la centrale EM-1A qu'Hydro-Québec s'apprête à
construire en bulldozant la rivière Rupert aura une production totale
de 7,7 TWh à un coût de 4,44 cents/kWh. Il me semble qu'Hydro-Québec vient de rater un deal. À moins que j'aie mal compris la mission de notre "fierté québécoise"? Bref, visitez le site Internet de Révérence Rupert pour savoir
comment participer à ces expéditions d'adieu sur la dernière grande
rivière naturelle au Québec. Et pendant que vous y êtes, signez donc la pétition en ligne pour demander aux élus de laisser la Rupert tranquille...

Bonjour Steve.
Étant issu de la même génération que toi, je comprends très bien ton souci pour l'environnement. Cependant, après lecture de ton article, je me dois de te signifier mon désaccord avec l'essentiel de ta position en ce qui à trait à l'énergie éolienne, l'efficacité énergétique et finalement, la rivière Rupert. Premièrement, en ce qui concerne l'énergie éolienne, tu as raison d'affirmer que le Québec a «tout en poche pour devenir la capitale mondiale de l'énergie éolienne». Telle est l'ambition d'Hydro-Québec et du gouvernement. Cependant, il ne faudrait pas tout mélanger. Tout d'abord, évidemment, l'énergie éolienne comporte un bon nombre d'avantages (comme par exemple le fait d'être une énergie propre, renouvelable et abondante, au même titre que l'hydroélectricité), mais aussi un nombre élevé d'inconvénients. Pour commencer, l'inconvénient le plus important est sans contredit l'irrégularité des vents sur le territoire québécois. Comment peut-on espérer répondre à la demande des Québécoises et des Québécois avec une énergie irrégulière et de plus, inefficace lorsque les températures atteignent les -20°C/-30°C? Penser que cela est possible est utopique. Aussi, il ne faudrait pas oublier le syndrome du «pas dans ma cour», faisant référence au bruit causé par les éoliennes, ou encore, le fait qu'une seule machine peut causer la mort de milliers d'oiseaux, puisqu'elles sont situées dans les corridors des vents, et que, comme tu dois t'en douter, les oiseaux suivent ces derniers. Cela est tout aussi important que le bien-être de la truite mouchetée ultra-résistante. Le Québec n'est pas le Danemark, encore moins l'Allemagne, et il est impossible pour nous de nous fier 100% à ce type d'énergie. Évidemment, il y a un certain potentiel pour l'énergie éolienne ici. Thierry Vandal, le nouveau président-directeur-général d'Hydro-Québec, l'a bien compris. C'est pourquoi la COMPLÉMENTARITÉ hydro-électricité/énergie éolienne fait maintenant partie des nouvelles orientations de la société d'État. Le Québec aura ainsi, d'ici 2012, environ 3500 MW de puissance éolienne installée, devenant ainsi le leader canadien et un des meilleurs au monde en la matière. Tu conviendras que cela n'est quand même pas négligeable, mais il semblerait que ce soit oublié des écologistes/environnementalistes/etc... Pour avoir lu du début à la fin le rapport d'expertise-conjointe Hélimax (que tu aurais dû citer), les 100 000MW dont il est question sont utopiques en ce qui concerne la situation québécoise. Évidemment, ils ne diront pas le contraire, puisqu'ils ont tout à gagner comme entreprise de consultants en énergie éolienne... C'est comme lire un rapport de compagnie pétrolière qui milite en faveur des bienfaits du pétrole! Ici tu vas me dire : c'est comme lire un rapport d'Hydro-Québec qui affirme que l'énergie hydroélectrique est la meilleure. La seule différence, c'est qu'Hydro-Québec reconnaît le potentiel de l'énergie éolienne comme énergie complémentaire, mais elle en prend et elle en laisse. De plus, Hydro-Québec fait assez souvent appel à des compagnies externes afin de réaliser ses études environnementales et autres.
Deuxièmement, en ce qui concerne l'efficacité énergétique, je crois que tu as mal saisi le concept. Hydro-Québec investit beaucoup dans la PROMOTION de l'efficacité énergétique, mais il est impossible pour elle de la CONTRÔLER. Si 3 000 000 de clients d'Hydro-Québec fermaient une seule ampoule de 100W, nous pourrions économiser 300MW, ce qui équivaut, à 49MW près, à un groupe turbine-alternateur de la centrale Robert-Bourassa (anciennement LG2). Malheureusement et à mon grand désarroi, ce n'est pas la réalité. Bien au contraire, la consommation des Québécoises et des Québécois en matière d'énergie augmente de façon substantielle. Nous avons un besoin grandissant d'énergie au Québec, et Hydro-Québec a comme mission de répondre à cette demande. Donc, quand tu dis que nous devons faire un usage plus intelligent de l'électricité a.k.a. en consommer moins et mieux, tu as tout à fait raison. Cependant, Hydro-Québec ne peut pas vraiment en faire davantage que ce qu'elle fait présentement, c'est-à-dire promouvoir le style de vie qu'est l'adoption de l'efficacité énergétique. Cette portion du processus repose sur la population québécoise dans son entièreté. Quand tu affirmes que «les chiffres nous donnent d'ailleurs raison», raison à propos de quoi, et de qui parles tu?
Tu dois maintenant me voir venir avec la rivière Rupert. Comme tu t'en doutes, cette augmentation substantielle de la consommation d'énergie de notre population entraîne par le fait même une hausse considérable de la demande. Et comme l'énergie produite doit être égale à l'énergie consommée (d'où l'inefficacité de l'énergie éolienne comme source d'énergie principale), le meilleur moyen dont nous disposons est la production hydroélectrique avec possibilité d'avoir une puissance stockée (l'eau présente dans les réservoirs et qui est prête à fournir de la puissance lorsque demandée). Hydro-Québec doit prendre les devants et commencer à bâtir des centrales qui fourniront assez d'énergie pour répondre à la demande des consommateurs dans les années à venir. Eastmain 1-A est l'une de celles-ci, et plusieurs nouvelles centrales voient et verront aussi le jour. Nous n'avons qu'à penser à Toulnustouc, SM-3, etc.., etc.. Soit nous continuons de miser sur le développement hydro-électrique, soit nous importons de l'énergie provenant du Nord-Est des États-Unis à un prix de 8 ou 9 cents le KW/h; une énergie, je te le rappele, produite dans les usines au charbon et dans les usines nucléaires (nul besoin de préciser ici qu'en plus de doubler, tripler ou même quadrupler nos factures d'électricité, nous contribuerions encore davantage à la dégradation de l'environnement). Si Robert Bourassa n'avait pas fait le choix créateur d'emplois de l'hydroélectricité dans les années 60, le Québec d'aujourd'hui ne serait certainement pas le même. Notre source d'énergie principale serait probablement le nucléaire, nos factures seraient 4 ou 5 fois plus élevées, nous ferions encore plus mal à l'environnement et nous n'aurions probablement pas tous les avantages sociaux dont nous disposons aujourd'hui. Évidemment, ce ne sont que des suppositions, mais je crois que cela nous donne une bonne idée de ce que serait la réalité, tu en conviendras. Donc, lorsque tu mets tout cela en contexte, le sacrifice de la Rupert est bien peu, d'autant plus qu'il lui restera encore 50% de son débit à l'embouchure, à la hauteur du village Cris de Waskaganish. Hydro-Québec ne «tuera» pas la rivière. Elle sera toujours là, et en mesure de fournir de l'eau potable à la communauté, puisque la société installera une usine de traitement des eaux. Lorsque Révérence Rupert affirme qu'Hydro-Québec détournera 90% du débit de la rivière, elle oublie de mentionner que cela se fera sur une petite fraction de celle-ci. Il ne faudrait pas prendre toutes ces informations pour du «cash», comme on dirait dans notre bon vieux jargon québécois. Je vais conclure là-dessus, et t'inviter à prendre le temps de lire la nouvelle politique énergétique du Québec et le nouveau plan stratégique d'Hydro-Québec. Ils regorgent d'informations pertinentes qui aident à mieux comprendre les choix faits par nos élus. Pour avoir fait mes études dans le domaine de l'énergie, je connais bien le sujet, et je suis ouvert à tout feedback/contre-argumentation/commentaire/question de ta part. Le débat est ouvert, mais je ne peux accepter d'affirmations lancées sur le qui-vive, sans contenu pour les soutenir.
Sincèrement,
Kevin Leblanc
Rédigé par: Kevin Leblanc | le 04/06/2006 à 09:49
Allo Steve, je t'invite à visiter le dernier dossier sur Parole citoyenne. On y parle de la Rupert, notamment. Comme quoi la lutte n'est pas terminée!
Journaliste-réalisateur, Alexis de Gheldere s'est intéressé à la rivière Rupert d'abord comme simple canoteur lors d'une expédition en juillet 2005. Sa curiosité de journaliste l'a incité à en apprendre davantage sur les rouages du projet de dérivation de la rivière.
Entre le 15 mars et le 9 juin 2006, des audiences publiques se sont tenues successivement dans six communautés cris ainsi qu'à Chibougamau et à Montréal. Alexis de Gheldere a assisté aux audiences publiques en mai 2006 à Montréal. Il nous livre ici les témoignages d'écologistes, de Cris et de simples citoyens sur « pourquoi nous devons sauver la Rupert ».
Est-il trop tard pour sauver la Rupert?
Rédigé par: Patricia Bergeron | le 29/01/2007 à 10:07
mr charest,allez donc faire d'autres barrages en amont ou en aval sur les rivieres qui sont deja detruites.Batir un nouveau barrage sur la plus belle riviere du quebec qui est encore intacte est de la pure folie.Vous prouvez au quebecois que vous etes un sans-genie.Vos enfants devraient vous reniez.
Rédigé par: luc levesque | le 20/03/2007 à 09:15
Hi Steve Thanks for this wonderful piece on the Rubert river ..We Canadians- Quebecois are very busy dam- damn beavers!
Michael Werbowski
Rédigé par: MW | le 20/03/2007 à 10:37
hello; Ce n 'est pas en faisant des adieux a une rivière qu'on sauve une rivière..ni en vendant des expéditions de kayac.. C'EST EN EN DÉNONCANT LES EFFETS NÉGATIFS QUE PRODUISENT LES BARRAGES..VOTRE FACON DE DÉFENDRE LA RIVIERE A L'
AIR D'UNE FAUSSE DÉFENCE...COMME SI VOUS AVEZ RIEN DE SOLIDE A DIRE ... VENDRE DES EXPÉDITIONS DE KAYAC ??????
Rédigé par: berpépin | le 04/04/2007 à 09:25
Keven tu as peut être étudié en énergie... mais parfois des oeillères empêchent de voir ce qui se passe a coté de nous..
L réunion en france avec les écolos..ou hydro fut accusé d'être complice du réchauffement de la planette...Cela a réveillé un peu les hommes politique qui ont du changer leur politique concernant l énergie..je crois qu a toi cela n a rien apporté tu semble etre attaché a ta petite école.. nous sommes en 2007 et les situations changent..allume et regarde comment ce fénomène inquiettent les écolos.. ce n est pour rien.. ils ont continué d aller a l école...
Rédigé par: berpépin | le 11/04/2007 à 09:44
Analyse intéressante Kevin, mais le développement éolien n'est pas souhaité ni souhaitable au Québec. Du fait justement que les coûts moyens de production hydraulique sont inférieurs aux coûts moyens et marginaux des éoliennes. De ce fait, il y a un écart entre la facture payée et le coût d'approvisionnement des éoliennes. Par ailleurs, le grand défi de la Rupert c'est de permettre à la même goutte d'eau de passer à travers 4 centrales. Dont deux nouvelles et deux existantes. On augmente le débit et par le fait même, la chute d'eau, ce qui augmente la production possible en une seconde. Par ailleurs, les développements pour améliorer les groupes turbines-alternateurs augmentent davantage le débit «aspiré» et élimine davantage le gaspillage, ce qui se traduit par une efficience et une efficacité optimale.
Rédigé par: Alexandre | le 16/04/2007 à 22:03
Ce qui m'intrigue c'est à quel point les gens n'hésitent pas à défendre le projet Rupert seulement pour une question d'argent (souvent camouflé en dessous d'autres arguments imbéciles)...
Rédigé par: jean | le 28/04/2007 à 09:56