Nationaliser les pétrolières?
Le
coloré prof Lauzon soutient que le seul moyen d’éviter que les
pétrolières canadiennes n’aillent investir leurs profits records à
l’extérieur du pays, c’est de les nationaliser. Nationaliser les
pétrolières? Over my dead body, comme dirait l’autre...
La nationalisation a ses bons côtés, certes, mais aussi ses plus sombres. Le titulaire de la Chaire d’études socio-économiques de l’UQÀM a raison de prendre pour exemple les sommes astronomiques que verse Hydro-Québec dans les poches du public. Tout le monde s'en réjouit.
Mais n'oublions pas que l’existence d’un brontosaure tel
qu’Hydro-Québec nous a fait voir l’hydroélectricité comme seule voie à
explorer. Pendant trop longtemps, on a été hypnotisé par cette forme
d’énergie destructrice d’écosystèmes, alors qu’on aurait très bien pu
développer des expertises dans l’éolien, le solaire, etc.
Alors, nationaliser les pétrolières? Pour que la consommation de
pétrole s’inscrive comme un bénéfice dans les budgets de l’État et
devienne capitale à la santé de notre économie? Non merci. Nationaliser les pétrolières, c’est donner à ce combustible
indésirable, mais malheureusement incontournable à l’heure actuelle, un
sceau de pérennité. Les efforts devraient plutôt aller à développer de
nouvelles formes d’énergie non polluantes. Regarder vers le futur, en
somme. Il faut sortir du pétrole, pas le nationaliser. Et de toute façon, imaginez seulement dans quel gouffre financier
s’enfoncerait le gouvernement en achetant les pétrolières au prix où
elles valent aujourd’hui... Le pétrole est une "ressource" naturelle dans la mesure où on
l’utilise pour faire des trucs. Comme l’huile de baleine a été une
ressource naturelle au temps de la lampe à l’huile de baleine... Sortir du pétrole, c’est d’abord accepter que cette "ressource" n’en
soit plus une, parce qu’on aura compris que son utilisation cause un
trop grand nombre de dommages collatéraux.

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