« Entrée des artistes... | Accueil | Ethiquette.ca »

09/10/2005

Des billets de contrebande!

Un souvenir de Nathalie...

"Je suis née à Cartierville en 1964 et j'y suis restée jusqu'à l'âge de
16 ans, donc 2 ans avant la fermeture définitive de ce lieu mythique. Je
demeurais à quelques pas de l'entrée principale du parc, sur la rue Bocage.

Dans le panorama de mon enfance, le Parc Belmont est partout. Parfois en
trame de fond, souvent en filigrane. Parmis mes souvenirs, il y en a
un, vif, clair et émouvant, truffé d'un doux sentiment de culpabilité
qui m'habite encore aujourd'hui...."

Je devais  avoir  12 ou 13 ans. La belle bête qui avait meublé mon
enfance était devenu un monstre agonisant. Fini l'époque des hot-pants,
des camaros montées et de la musique tonitruante qui m'empêchait de
dormir.  Même la bonne femme de la maison hantée montrait des signes
d'essouflement; sa perruque se décollait en de larges lambeaux
disgracieux et la peinture de son visage se craquelait par endroits. Ça
sentait la fin à plein nez.

Malgré ce parfum de mort annoncée, telle une petite fille qui visite sa
grand-mère malade, j'allais quotidiennement y faire un tour. Mon circuit
était, à peu de chose près, toujours le même. Premièrement,  le Cyclone
(que nous appellions le Cynic), ensuite la Souris folle  (Wild Mouse),
les autos tamponneuses, le Bobsleigh et, un autre jeu dont je ne me
rappelle plus du nom, mais qui était situé juste après le kiosque à
"snow cones", et qui jouait non-stop la chanson "Jets" de Paul McCartney.

J'avais trouvé, dans le tiroir magique du bureau de mon frère, une
manne inépuisable de billets. Le cérémonial était toujours le même.
Chaque matin, je m'insinuais dans la chambre de mon frère  pour y
cueillir  une lisière de billets tout frais. Ensuite, une fois payé les
frais d'entrée libre qui n'étaient alors que de 25 sous, je me
dirigeais, seule et fébrile, vers le "cynic". Ensuite, je me laissais
guider par mes préférences du jour.

J'étais délicieusement consciente que j'errais aux limites de la zone
grise avec mes poches remplies de billets soigneusement pliés, mais
l'attrait était beaucoup trop fort pour que, dans ma tête d'enfant, je
me considère en lien avec une quelconque contrebande. Ma petite
promenade ne durait guère plus d'une heure.  Ensuite, l'enfant  sage que
j'étais retournait vaquer à ses occupations habituelles en attente de
lendemains plus prometteurs.

Un premier été s'est écoulé ainsi, puis un deuxième. Au troisième, il y
avait de moins en moins de billets papiers en circulation, et mes
lisières provocaient de plus en plus l'étonnement à chacun des
tourniquets que je franchissais. Graduellement, mes visites s'espacèrent
pour finalement s'arrêter avant la fin de l'été. J'avais évidemment fait
un lien entre le congédiement de mon frère, quelques années auparavant,
et le contenu de son tirroir magique et je trouvais la soupe un peu trop
chaude pour que je risque à nouveau d'y mettre le pied.

L'adolescence aidant, je me suis consacré à des plaisirs et des attraits
que je qualifierais plus de mon âge et j'ai rangé soigneusement le parc
Belmont aux côtés de mes souvenirs d'enfances. Je vous remercie de
m'avoir donné l'occasion d'y plonger à nouveau, et ainsi me permettre de
mieux en savourer chaque seconde.

-Nathalie

Commentaires

Je suis un produit du Parc Belmont. Mes parents y ont travaillé, s'y sont rencontrés...

Ils y travaillaient afin de payer leurs études.

J'habite encore Cartierville. Il n'y plus de vestiges du Parc nulle part.

Je vois encore mon gros macaron rose.

J'ai travaillé au restaurant qu'il y avait en face du Parc Belmont (Coney Island): j'étais soi-isant trop jeune pour travailler au Parc.
J'ai travaillé au Parc Belmont de 1964 à 1967 inclusivement. Le Parc a toujours fait partie de ma vie. J'ai travaill. pour BASF à Laval et y ai organisé Plusieurs pique-niques annuels. Encore aujour'hui, je m'arr^au coin de Lachapelle et j'entends encore les cris des gens dans les omntagnes russes. Je suis natif de Cartierville. Je demeurais au 12303 Lachapelle. Que de bons souvenirs...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas sur ce weblog tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier