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15/11/2005

La grosse gauche de base

RevolteconsommeePhilosophons un brin. Je sais, c’est barbant la philo, mais ça donne de la perspective. Et quand on fonce droit sur un mur, c’est vachement utile, la perspective.

Dans Révolte consommée – Le mythe de la contre-culture (un ouvrage publié récemment aux Éditions du Trécarré), les auteurs Joseph Heath et Andrew Potter, deux universitaires, soutiennent que la contre-culture est devenue le fondement de la pensée radicale de gauche.

Plus, les «solutions» avancées par ceux qui prétendent s’opposer au «système» (Michael Moore et consorts) auraient plutôt tendance à le renforcer. Hippie et yuppie: même combat.

Il existe une gauche que j’appellerais la «grosse gauche de base». La gauche simpliste ou la gauche à cantiques. Celle qui nous chante «Fuck the system» ou «Libérez-nous des Libéraux». Ils sont écolos, activistes, artistes underground, porteurs de cause. Ils réclament la rébellion. Ils veulent que le peuple se libère d’un «système» (capitaliste) qui nous oppresse, nous gave d’OGM et vole nos ressources naturelles...

Comme dans La Matrice, seuls ceux qui gobent la pilule rouge découvrent le monde tel qu’il est: un cauchemar. Toute l’idéologie contre-culturelle est là. Mais nous ne vivons pas dans une matrice...

La grosse gauche de base veut donner le pouvoir aux citoyens, afin qu’ils puissent s’affranchir du trop souvent guillemeté «système». En environnement, on encourage les gestes individuels (le boycott, «acheter, c’est voter», «un geste à la fois»)... C’est joli, mais ça ne remplacera jamais l’efficacité de réglementations plus sévères qui, elles, émanent du système...

Par exemple, si les gouvernements augmentaient le prix du pétrole afin qu’il représente réellement le coût environnemental que son utilisation génère, il y a de fortes chances que les efforts pour tendre vers des énergies plus propres aillent plus loin que les beaux discours.

Un État plus présent, des citoyens qui exercent leurs droits démocratiques et qui se prennent moins pour des rebelles que pour des agents de changement social; voilà le reflet d’une société progressiste.

Cesser de vouloir éradiquer sur le «système», s’employer à le rénover... Moins sexy comme objectif, mais drôlement plus productif.

Commentaires

Je trouve que tu as un ton méprisant pour tous ces citoyens qui gueulent contre le système. De mon côté, je suis plus pour les actes que pour les paroles dans la vie quotidienne, qu'il s'agisse du citoyen ou du politique.

Ouais, Che Guevara n'est plus qu'un T-Shirt ou une affiche. Libérez-nous plutôt des publicistes de tout acabit, ceux qui nous disent quoi penser la semaine prochaine. Comme le dit si bien Laure Waridel "Acheter c'est voter"... Le seul pouvoir que l'on a c'est de consommer intelligemment. Les révolutions des années 2000 sont toujours récupérées, nous sommes loin des "Weathermen" de 1964... À ce chapitre je vous invite à découvrir quel était ce mouvement dans une émission radio portant sur le rock québécois des années 70→ http://dubonetducon.blogspot.com ...Excusez-la !

Tout est relatif! Il suffit d'aller vivre ailleurs pour comprendre que le système dont tu parles n'existe pas partout et que donc on peut tout à fait s'en passer... Mais le plus dur, c'est d'arriver à concevoir les choses autrement, de les traiter autrement...Et ça, c'est le système dans lequel on né qui le préconditionne!
Faut avoir vécu sans, pour se permettre de comparer et de juger de son bien fondé...
Faut être né dans un autre système pour arriver à remettre celui ci en question. L'inconcevable pour ceux qui y sont bien moulé, c'est qu'il est impossible de concevoir de sortir de son moule et il est aussi impossible de concevoir qu'il existe des moules sans angles....mais faut raboter les coins de sa personne et ça c'est l'inconcevable! C'est carrément changer ses connections cérébrales...et passer 21 ans ça n'est plus possible... Alors voilà,tout est relatif...La vrai question, ce n'est pas comment détruire ce système, mais comment se remettre en question, comment remettre le fonctionnement de l'humanité en question tout en étant engloué dedans!
Comment faire pour rester totalement indépendant et libre de choisir d'y entrer ou pas, sans que le système nous juge hors la loi?
Parce que s'y on est pas avec lui, on est contre lui et cela même lorsqu'on tente d'être constructif.

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