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17/11/2005

Les chiens sales

DogLe pays a beau être à l’aube d’élections générales. Le PQ a beau s’être doté d’un nouveau mandarin. Ce sont des histoires de chiens sales qui animent le plus les discussions à l’heure du lunch. Bon appétit.

La mise à jour d’un chenil absolument infect à Blainville aura à tout le moins attiré l'attention sur ce vaste et triste sujet qu’est la cruauté envers les animaux.

Mais au-delà des grands titres et du simple sentiment d'indignation, on n'effleure pas le fond de la question. Est-il permis de questionner l’inhumanité (et l’inutilité) complète du commerce de l’animal de compagnie?

Les bêtes de maison sont des produits de consommation. Déjà, c’est une aberration. Mais il y a plus. Non seulement se permet-on de vendre et d'acheter des bibelots vivants, mais on en dispose allègrement lorsque ceux-ci ne répondent plus à nos critères.

Les maîtres qui souhaitent s'affranchir de leur animal proprement n’ont qu’à se rendre au Berger blanc et demander une euthanasie. Je vous le confirme: on le fait sans poser de questions. Au Québec, c’est plus de 200 000 chiens et chats qui sont euthanasiés chaque année. Combien le sont pour les mauvaises raisons?

Chaque année, lorsque les Montréalais déménagent en masse le 1er juillet, des dizaines de milliers d’animaux sont laissés derrière. Les refuges débordent. Il y a quelque temps, j’ai visité un refuge de chats abandonnés à Montréal. 200 minous maganés me regardaient fixement avec le reflet de l’irresponsabilité humaine au fond des yeux. J’avais honte.

Quand on ne les tue pas, on leur donne une existence misérable. Mon voisin a un chien énorme. Un chien fou. Pas étonnant, l’animal demeure enfermé dans un logement 23h par jour. Sa seule sortie quotidienne, c’est pour aller faire son petit colombin sur le trottoir d’en avant. Son propriétaire est trop paresseux pour emmener le molosse découvrir le parc à chiens situé à 5 minutes de marche. Ça vous rappelle un chien que vous connaissez?

***

Savez-vous quoi? Les véritables chiens sales dans toutes ces histoires que l'on entend par les temps qui courent, ce sont ceux qui exploitent, maltraitent, abusent, mais aussi ceux qui encouragent ce commerce sauvage des animaux domestiques.

Je vous laisse d'ailleurs sur la  phrase qui conclut un bouquin révoltant portant sur l’exploitation perverse des animaux (Un vétérinaire en colère, de Charles Danten, VLB Éditeur): «Si on aimait véritablement les animaux, on les laisserait tranquilles.»

Un peu simpliste. Mais tellement vrai.

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