Lettre à une cégépienne en sous-vêtements
Des étudiantes en journalisme du Cégep de Jonquière posent en tenues légères pour un calendrier servant à financer leur bal. Certains médias en font leurs choux gras. «Ma carrière de journaliste est-elle foutue?», me demande par courriel l’une des «pin-up» de ce fameux calendrier. Ma réponse...
(Le nom de la demoiselle a été changé pour préserver son anonymat.)
*** Chère Pamela A., Sèche tes pleurs. Ta carrière de journaliste n’est pas fichue. Très
bientôt, tu atterriras dans le monde des médias et découvriras une
chose que l’on nomme «la saveur du jour». Une saveur du jour, c’est un sujet X, Y ou Z dont on fait tout un
plat. Oui, comme au restaurant! Ce sujet, ce peut être le vol d’une
camisole pour dénoncer la convergence. Ou encore un obscur rapport sur
le quotient intellectuel des noirs. N’importe quoi. La saveur du jour nourrit les gueulards, les gérants d’estrade et
les braillards professionnels. Dans les médias, on la sert en tribune
téléphonique, en gros titres et en entrefilets. Délicieux. Hier, Pamela A., tu as été la saveur du jour. Ton calendrier qu’on tient d’une seule main a permis aux
bien-pensants de crier à l’indécence. Rassure-toi, il n’avait rien
d’indécent. Ni dans le fond ni dans la forme. Osé, mais pas indécent. À
mon avis, l’indécence fait référence à un concept qui dépasse les yeux
aguichants et les tenues du catalogue Sears (section «sous-vêtements»). Je pourrais te fournir quelques mots-clés à taper dans Google
qui te permettraient de mieux visualiser ce que signifie l’indécence.
Fais-moi confiance, j’ai de l’expérience en la matière. Mais là n’est
pas mon propos. Pamela A., tu as été la saveur du jour. Or, tu peux tirer quelque
chose de positif de toute cette histoire. Dans ta carrière
journalistique, cette enflure médiatique dont tu as été l’objet n’aura
pas été vaine. Bientôt, tu seras journaliste. Bientôt, un sujet croustillant
tombera sur ton bureau. Il aura tous les ingrédients de la saveur du
jour: un parfum de controverse, un soupçon d’insignifiance, du vice. Du
vice! Lorsque cette saveur du jour arrivera, j’espère que tu sauras la
reconnaître. J’espère que toi, en digne ex-saveur du jour, sauras
t’éloigner de ce sujet merdique. Laisse-le aux tâcherons et autres
potineux qui polluent notre profession. Oublie les saveurs du jour. Fais du journalisme utile. *** N.B. Prière de m'envoyer quelques copies de ton calendrier. Pour ma chambre, ma cuisine, ma salle de bain, mon bureau...

(Serait-ce possible que j'ai été bannie du blogue branchez-vous sans le savoir? si oui, j'crois pas que j'étais une provocatrice de frictions, mais j'ai tout de même mon grain de sel à mettre là dedans)
Je suis étudiante en ATM à Jonquière et laissez-moi vous dire que les médias ont l'air a vraiment s'en délecter de la saveur du mois.
Je suis dans le pavillon tous les jours, je côtoie des centaines d'étudiants d'ATM et je n'ai pourtant jamais vu ou entendu parler du calendrier...
la personne qui me l'a appris, c'est ma mère. MA MÈRE! Elle est à 4h de route de chez moi et a pas mis les pieds à Jonquière depuis des mois.
On s'entend tu pour dire que des nouvelles ca voyage vite? un peu trop vite? Bah... nouvelles, POTINS... Les potins c'est plus vite que les nouvelles...
Mais quand c'est rendu qu'une personne étant sans cesse dans les lieux où se déroulent toute l'action ne voit rien et se fait apprendre l'histoire par quelqu'un complètement à l'extérieur, il est temps de réviser un peu les priorités d'un évènement.
Maintenant, chialons sur nos politiciens et négligeons l'environnement, faut ben mettre ses priorités quelque part... *soupire*
Rédigé par: Konstance | le 13/12/2005 à 16:52
Mais pourquoi donc n'offrent-elles par leur calendrier en vente sur l'internet ? Ou peut-on se le procurer ?
Rédigé par: Julien Rioux | le 20/12/2005 à 08:01