La météo, avec Steven Guilbeault...
Depuis 1995, Steven Guilbeault est de tous les dossiers entourant les
changements climatiques. Aujourd’hui directeur de Greenpeace au Québec,
ce jeune père de 35 ans s’est engagé à informer la population quant aux
impacts que pourraient avoir les changements climatiques sur nos
sociétés. Celui qui donne une cinquantaine de conférences par année a
par ailleurs fait partie, l’été dernier, de l’équipage de l’Arctic
Sunrise, un navire de Greenpeace qui est allé mouiller l’ancre au
Groenland, histoire de nous ramener d’autres preuves de la fonte de la
calotte glaciaire. La météo, vue par Steven Guilbeault...
Vous étiez au Groenland cet été, qu’avez-vous découvert?
Dans la moitié sud du Groenland, on a trouvé un glacier qui a reculé de 5 kilomètres en seulement 11 mois! Il faut dire que, depuis les années 70, ce glacier n’avait pratiquement pas bougé. Or, ce qui est vrai pour ce glacier l’est tout autant pour de nombreux autres situés dans la région polaire. C’est préoccupant dans la mesure où les modèles climatiques nous prédisaient que, malgré le réchauffement, on n’anticipait pas d’impacts sur la calotte glaciaire avant plusieurs décennies. Il faudra évidemment poursuivre les recherches, mais la découverte de ce glacier veut probablement signifier que, jusqu’ici, les modèles se trompaient et qu’il faudra les revoir. D’autre part, avant ces découvertes, on prévoyait une augmentation du niveau de la mer de 50 à 80 centimètres au cours des 100 prochaines années. C’était dans l’éventualité où la calotte glaciaire demeurait relativement stable. Si ce n’est plus le cas, à quoi ressemblera l’augmentation du niveau de la mer au cours des prochaines années? 1,5 mètre? 2 mètres? Et quels seront les impacts? Pensons simplement aux centaines de millions de personnes qui vivent actuellement près des côtes et que l’on devra déplacer lorsque leur ville deviendra inhabitable...
Vous parlez de la fonte des glaciers depuis longtemps, mais c’était la première fois que vous alliez constater les dégâts de visu. Qu’avez-vous retenu de ce voyage?
Le Groenland est probablement le plus bel endroit que j’aie vu dans ma vie. J’y ai vu des paysages à couper le souffle : des glaciers, des icebergs, de la glace de mer, des fjords... C’était inspirant, mais aussi très préoccupant de constater à quel point les changements climatiques étaient en train de bouleverser les Inuits qui, pour plusieurs, ont encore un mode de vie traditionnel basé sur la chasse. On s’est arrêté dans plusieurs villages et les gens là-bas nous ont raconté des histoires incroyables à propos de chasseurs morts parce que la glace avait cédé sous leurs poids. Le drame que vivent les peuples inuits du Groenland est le même que celui que vivent les Inuits du Grand-Nord ou de la Russie. Leur mode de vie traditionnel est en train de disparaître. Il y a d’ailleurs une organisation qui regroupe tous les peuples inuits du cercle arctique (la Conférence circumpolaire inuit) qui a annoncé son intention de déposer une plainte devant la Cour interaméricaine des droits de la personne. Ils accusent l’Administration Bush de génocide culturel, à cause de son refus de ratifier le Protocole de Kyoto. Les Inuits soutiennent que les changements climatiques signifieront pour eux la disparition d’une culture et d’un mode de vie vieux de plusieurs milliers d’années...
Vous voyagez régulièrement à l’étranger pour suivre les rencontres internationales portant sur les changements climatiques. Est-ce que notre degré de conscientisation est partagé à travers le monde?
De façon générale, les Européens sont probablement plus conscientisés que nous. Mais ce qui est particulier, c’est que l’on commence à observer une augmentation de la conscientisation du côté des pays en voie de développement. Et pourtant, Dieu sait qu’ils sont aux prises avec des problèmes très urgents (le sida, la sécurité alimentaire, etc.)! Lors de la dernière séance de négociations de l’ONU sur les changements climatiques, il y avait des délégués de l’Afrique du Sud qui soutenaient que les Objectifs du Millénaire pour le développement (huit objectifs visant à éliminer la pauvreté, améliorer l’éducation et la santé, etc.) étaient compromis dans leur pays à cause des impacts des changements climatiques. Par exemple, on fait des efforts pour améliorer l’irrigation des terres agricoles, mais une sécheresse qui bat tous les records vient détruire le travail accompli... Dans ces pays, la conscientisation se fait à cause des impacts concrets qui surviennent aujourd’hui même. D’ailleurs, c’est un peu la même histoire qu’on a connue au Québec. Rappelons-nous qu’avant la crise du verglas ou les inondations au Saguenay, on ne prenait pas les changements climatiques très au sérieux. La preuve : en 1995, dans le premier document officiel du gouvernement du Québec sur les changements climatiques, on en parlait en disant que ça pourrait avoir des impacts négatifs sur les centres de ski, mais que ça allait être bon pour la saison de golf! On ne tiendrait certainement plus ce genre de discours aujourd’hui!
Vous avez déjà dit que le problème actuel n’était pas tant les changements climatiques que la rapidité à laquelle ils surviennent...
Il y a toujours eu des changements climatiques sur la planète. Le problème est qu’en ce moment l’activité humaine provoque, en l’espace de quelques décennies, des changements qui se seraient normalement étalés sur plusieurs milliers d’années. Nous provoquons ces changements à une telle vitesse que les écosystèmes ont de la difficulté à s’adapter. Au rythme où vont les choses, il y a beaucoup d’écosystèmes qui n’arriveront pas à survivre...
Pensez-vous que la population en général mesure bien les dangers qui nous guettent avec les changements climatiques?
Non. Depuis Kyoto (1997), on a fait des pas de géants, surtout en ce qui concerne l’éducation populaire. Aujourd’hui, les gens prennent conscience que les impacts sont bien réels : ils voient des sécheresses, des inondations, des catastrophes naturelles... Maintenant, je pense que le gros du travail ne fait que commencer! Nous entrons dans une phase où il faut faire comprendre à la population, aux gouvernements et aux entreprises que nous faisons tous partie du problème, mais aussi de la solution! Nos gouvernements ont d’ailleurs un rôle de premier plan à jouer dans ces dossiers. Par exemple, on ne peut pas simplement demander aux gens de ne pas prendre leur voiture s’il n’y a pas un réseau de transport en commun bien adapté. Pour l’instant, notre gouvernement dort au gaz. Même si, en 2002, l’Assemblée nationale a adopté une résolution unanime demandant au gouvernement fédéral de ratifier le Protocole de Kyoto, le Québec n’a toujours pas de plan d’action clair par rapport à d’éventuelles réductions des gaz à effet de serre. Et pourtant, lorsqu’André Boisclair était ministre de l’Environnement au Québec, il a été l’instigateur d’une coalition de provinces pro-Kyoto. L’ancien ministre de l’Énergie du Manitoba a même souligné le rôle-clé qu’il a joué dans ce dossier. Or, depuis que les libéraux ont pris le pouvoir, il n’y a rien par rapport à Kyoto... ni de plan d’action, ni de déclaration formelle. C’est tout de même ironique : quand Jean Charest était ministre de l’Environnement du Canada, c’est lui qui avait signé la Convention sur les changements climatiques en 1992, celle-là même qui a précédé le Protocole de Kyoto! À Ottawa, la situation n’est guère plus reluisante. On a un plan d’action qui n’est pas encore mis en oeuvre et qui repose largement sur l’achat de permis d’émissions sur les marchés canadiens et étrangers. En revanche, dans sa nouvelle politique énergétique, le président américain George W. Bush offre un crédit à l’achat de véhicules écoénergétiques. Ici, on est incapable de faire ça alors que nous avons ratifié le Protocole de Kyoto... contrairement la Maison-Blanche! Je suis convaincu que lorsque nos gouvernements commenceront à prendre des décisions sérieuses pour lutter contre les changements climatiques, la population suivra...
-Article original paru dans le magazine Ressources.

J'ai eu la chance d'assister à une de ses conférences, c'était extraordinaire. C'était comparable à Al Gore!
Rédigé par: William Gagnon | le 24/10/2007 à 21:05
A savoir que toute cette histoire de réchauffement climatique lié au CO2 n'est qu'une gigantesque supercherie.
C'est clair, c'est net. Les faits sont là, les raisonnements sont indéniables.
Les mobiles de ceux qui continuent à nous vendre cette "salade" le sont tout autant, mais différents suivant les acteurs :
- pour les écolos : faire passer leur message
évangélisateur
- pour les médias : faire du chiffre
- pour les pro du réchauffement : garder leur job
- pour l'état: rajouter de nouvelle taxe.
- pour la France: vendre leur central nucléaire
Rédigé par: albert chartier | le 10/12/2007 à 12:43