Faut aimer la langue
Le Parti Québécois, s'il
est élu, ferait en sorte que les parents n'aient pas le choix d'envoyer
leurs marmots dans une garderie francophone.
Est-ce que j'ai écrit «garderie»? Pardon, je voulais bien sûr parler d'un Centre de la petite enfance (CPE). Maudit niaisage. Enfin, les CPE échappent actuellement à tout encadrement linguistique. Ce ne serait plus le cas advenant un gouvernement péquiste dirigé par Pauline Marois. Après cette enquête du Journal de Montréal sur les commerces qui
n'engagent que des unilingues anglophones; nous en sommes quittes pour
un autre débat sur les difficultés du français au Québec. C'est saisonnier. Cette fois, François Rebello propose un crédit d'impôt aux petits commerces qui acceptent de se franciser. Pas con. Pas connes non plus toutes ces mesures proposées par le PQ, et
destinées à faire entrer le français dans la tête des immigrants. Même
si j'aime moins le projet de Pauline Marois d'empêcher les immigrants
de se présenter à des élections s'ils ne sont pas francisés. Seulement, il y a une menace plus obscure encore qui plane au-dessus de la langue. J'en parlais ici même il y a quelques mois en écrivant: «On l'aime de moins en moins, cette langue. Tant et si bien qu'on se permet de ne plus la respecter.» Dans sa chronique
du Journal de Montréal, Joseph Facal a été plus virulent que moi la
semaine dernière. «L'un de nos mythes les plus tenaces, écrit-il, est
notre amour profond pour la langue française. Je le dis comme je le
pense: la grande majorité de nos concitoyens s'en fout royalement, même
si elle prétendra toujours le contraire.» Je trouve désolant de voir un pan de la population francophone
grimper dans les rideaux lorsqu'ils se font servir en anglais au resto,
alors que certains -plusieurs- francos ont le français si mou qu'ils
n'arrivent pas même à articuler clairement leur pensée... dans leur
langue maternelle! Voilà, chers amis, un problème qui m'inquiète plus que la francisation du Pakistanais qui tient le dépanneur du coin...

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