Odeur de grève au Journal de Montréal
Ça sent la grève au Journal de Montréal. C’est ce que nous apprend la dernière édition du magazine Le Trente.
La rédaction [du Journal de Montréal] compte en effet maintenant 20 cadres pour 65 journalistes, soit un patron pour 3 scribes. Du jamais vu.
Il semble que ce soit la nouvelle stratégie de Quebecor lorsqu’elle flaire le conflit syndical : nommer des cadres (non-syndiqués) qui assureront la production du quotidien advenant une grève ou un lock-out des journalistes.
Le bulletin syndical [publié par le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal] rapporte ainsi que certains de ces nouveaux cadres auraient même été recrutés avec la promesse qu’ils retrouveraient leurs fonctions syndiquées « après le conflit ».
Voilà qui ressemble étrangement à ce qui s’est passé au Journal de Québec.
Depuis
un peu plus de 10 mois, le Journal de Québec paraît chaque jour, malgré
l’absence de ses 252 travailleurs en lock-out (qui eux publient le
journal gratuit MédiaMatinQuébec).
Ce tour de force est rendu possible grâce au travail d’une dizaine de cadres de la rédaction qui « font
le travail qui était effectué, avant le déclenchement du conflit, par
trente-cinq journalistes, seize pupitreurs, onze photographes et trois
statisticiens. »
Connaissez-vous l'agence Nomade?
Le
Journal de Québec est aussi alimenté par des journalistes de Canoë,
ainsi que par de mystérieux scribes de l’agence Nomade, une agence de
presse « mise sur pied à la suite du lock-out » (Le Trente), par
Sylvain Chamberland, ex-directeur chez TVA et qui avait été nommé, en
août 2005, vice-président pour le développement des affaires/média de Quebecor Média.
Au
sujet de l'énigmatique agence Nomade, voici ce que le rédacteur en chef
du Journal de Québec (qui alimente son quotidien des textes produits
par cette agence) en disait, sous serment devant la Commission des relations de travail:
Je sais que l’agence Nomade a des employés, mais je ne sais pas qui ils sont. Ce n’est pas pertinent. Je n’ai pas besoin de le savoir », a-t-il dit, provoquant l’étonnement de Me Morin, qui semblait se demander comment le patron de la rédaction d’un journal pouvait se ficher ainsi de la provenance des textes.
Selon le Registre des entreprises du Québec, l’agence Nomade est enregistrée au 4621, rue Hutchison à Montréal (à quelques pas du Dairy Queen de l'avenue du Parc) et ses activités sont la «production de contenus multiplateformes» et la «consultation en communication». Pas de numéro de téléphone. Pas de site Internet.
Si vous avez plus de détails... je suis curieux!

Steve, y aurait-il moyen pour un bout de temps de lâcher les humoristes et passe-partout? Pour un journaliste écrivain qui a publié un livre d'enquête sur les multinationales, publié à l'international, je trouve que tu nuis à ta crédibilité en touchant ce genre de sujets. Une chronique média peut éviter ce genre de sujets faciles traités de toute façon par bien des acteurs de la scène journalistique québécoise.
Anne Campagna
Rédigé par: anne campagna | le 03/04/2008 à 09:11
Odeur de grève au journal de Montréal? Après la lecture de l'article de Jean-François Parent, article bien écrit, rien ne me laisse croire qu'il pourrait y avoir une grève au journal de Montréal. Je me pose toujours la question pour quelle raison au juste y a-t-il conflit entre la rédaction et la salle de presse au journal de Montréal? Outre la sempiternelle question de la convergence et de la concentration de la presse dont les journalistes de Québécor sont tous les victimes (pourquoi n'y avait-il pas d'exemples concrets de ce problème dans l'article de M. Parent?) quels sont les autres problèmes soulevés par les journalistes? En quoi ils se sentent limités dans leur liberté d'expression? Que reprochent-ils au juste à la direction de leur journal? Pourquoi dans cet article n,as-t-on pas eu la possiblité de lire les commentaires et pensées de Michel Auger ou des journalistes vedettes qui ont quitté le journal??? Ils en auraient sûrement eu long à nous apprendre. Il semble que l'article laisse une place démesurée aux dires de la direction du journal. Je m'interroge sur le fait qu'au trente, M. Parent soit chapeauté par un membre de Québécor au final. Est-ce que cet encadrement a eu un impact sur la version finale de son texte?
Anne Campagna
Rédigé par: anne campagna | le 03/04/2008 à 09:20
Pour l'article de Jean-François Parent, vous devriez lui poser directement. Je ne pense pas qu'il fréquente ce blogue. Mes informations à moi viennent de journalistes oeuvreant au sein même du Journal qui, on comprend facilement pourquoi, préfèrent garder l'anonymat.
Pour ce qui est des humoristes et de Passe-partout, je ne vois pas le rapport. Je n'ai pas parlé de Passe-Partout depuis la sortie de mon livre sur le sujet cet automne. Si le sujet ne vous intéresse pas, ne l'achetez pas. Pour ce qui est des humoristes, je ne me souviens pas avoir parlé d'humour récemment. Il y a peut-être erreur sur la personne.
Et sans vouloir me dénigrer, mais je suis tout de même capable d'auto-critiques: il y a beaucoup plus d'enquête dans mes livres sur Passe-Partout et le Parc Belmont que dans Boycott.
Boycott offre un bon survol, rapide et concis, de l'histoire et des critiques qui collent à plusieurs multinationales américaines. Mais il n'y a pas d'enquête là-dedans. C'est surtout un condensé digeste, une collection d'informations connues
Pour quelqu'un qui veut se mettre en contexte, qui cherche une bonne introduction, la lecture de Boycott est pratique. Mais c'est loin, très loin, d'être une enquête. Faut pas charrier.
Ce livre m'a pris 3 mois à écrire au total. Le Parc Belmont m'a pris 1 an et demi de recherche et Passe-Partout presque autant.
Pour le Parc Belmont: personne avant n'avait publié l'histoire de ce lieu pourtant mythique. Pour Passe-Partout aussi, ce qu'il y a dans ce livre demeurait jusqu'ici dans les ténèbres complets. Ce sont de véritables enquêtes. Critiquables, certes, mais des enquêtes tout de même.
Rédigé par: Steve | le 04/04/2008 à 14:26
Je n'ai pas lu au complet ton commentaire car je trouvais le début agressant. je n'ai pas voulu être blessante relativement à Passe Partout mais que veux-tu je ne trouve pas que ça fait sérieux un journaliste d,enquête qui écrit sur Passe Partout, j'imagine que je ne comprends pas et que ça n'a pas rapport.
je suis zen,calme, et je n'ai pas le goût de discuter avec des gens sur un ton violent. Y,a d'autre chose à vivre de plus positif dans la vie que des propos agressifs entre nous. Bonne continuité, trouve d'autres journalistes pour vivre ton agressivité moi je débarque.
Anne Campagna
Rédigé par: anne campagna | le 16/04/2008 à 13:44
Je m,excuse d'avoir pogné les nerfs envers Steve Proulx hier. Je considère que Steve Proulx a un grand potentiel comme journaliste et trouve regrettable que l'on ne donne pas plus de chance aux journalistes qui démontrent un potentiel d'enquête au Québec de vraiment enquêter et se démarquer ce qui explique ma frustration relativement auf ait que M. Proulx se voit obligé de publier des livres sur des émissions de télévision pour enfants entre autre pour mettre du beurre sur son pain.
En résumé, Steve est un crisse de bon journaliste. Pourquoi on ne lui donne pas un job ou il pourra le prouver?
En passant je n'ai pas voulu blaster Parent sur son blogue. je me questionnais sur son article c'est tout et ne comprenais pas pourquoi Steve nous avait donné des commentaires de l'intérieur du journal de Montréal et pas Parent dans le 30.
S'cuse Steve.
Rédigé par: anne campagna | le 24/04/2008 à 22:37
Mme Campagna!
Excuses acceptées!
Mais bon, je voudrais simplement remettre quelques perceptions que vous avez de moi qui me semblent erronées.
1. Je ne cherche pas de job pour faire de l'enquête. Je suis journaliste indépendant et très content de l'être. Mes enquêtes s'expriment à travers mes livres et, malgré ce que vous en pensez, mon livre sur Passe-Partout n'a rien du bouquin nostalgique. C'est une enquête sur les dessous politiques d'une série extrêmement importante dans l'histoire de notre culture, d'une certaine vision de la télévision pour enfants et de l'éducation au Québec. Je pense que quiconque lit l'Opération Passe-Partout n'a plus du tout la même perception de cette émission.
2. Je ne suis pas "obligé" d'écrire des livres pour mettre du beurre sur mon pain. Je le fais parce que j'aime ça, parce que ça m'intéresse. Le seul livre jusqu'ici que j'ai écrit parce que c'était une commande, c'est Boycott.
3. Dans son article du 30, Jean-François Parent a donné des commentaires de l'intérieur du journal, notamment du rédacteur en chef et de la déléguée syndicale. J'ai donné un autre son de cloche, c'est tout.
Je pense que vous me voyez un peu comme une personne que je ne suis pas. Désolé de vous décevoir.
Rédigé par: Steve Proulx | le 28/04/2008 à 14:08