Les Canadiens regardent de moins en moins la télé.
Une bonne nouvelle pour ceux qui ont toujours accusé la télévision de
tous les maux. Car c'est bien connu, la télé nous pousse à
surconsommer, elle nous rend violent et obèse et niaiseux...
Les Canadiens regardent de moins en moins la télé, mais ils sont de plus en plus sur Internet...Est-ce vraiment une évolution?
Et pourtant, l'idée de départ était bonne.
C'était
il y a plus d'un demi-siècle. Le patron de la compagnie Zenith estimait
alors que les téléspectateurs ne toléreraient pas longtemps
l'envahissement des ondes par la publicité. Visionnaire, il prévoyait
même l'effondrement de la télé commerciale pour cause d'indigestion
publicitaire. Aussi bien dire l'apocalypse, pour les fabricants de
tubes cathodiques... Le grand boss confia donc à ses ingénieurs la
mission de trouver un moyen de contourner les pauses publicitaires. Et
c'est ainsi qu'en 1950, Zenith lança la toute première télécommande (à
fil): la Lazy Bones.
Dans
l'Est de Montréal, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Bourbonnière,
l'amateur de bonne chère trouvera un pittoresque restaurant La Belle
Province. Sachez-le, le slogan de cette chaîne de fast-food bien de
chez nous est: "Goûtez la différence..."
Dimanche dernier, je suis allé y goûter, à cette différence...
Nous sommes à l'ère des psychoses.
Peur de se faire
attaquer, cambrioler, violer, frauder, tuer. Peur de la grippe aviaire,
peur du clostridium difficile, du cancer, des pesticides sur les
fruits, des accidents de la route, du terrorisme.
Chaque peur a son appellation. Connaissez-vous la korriganophobie? C'est la peur des lutins. Et la kéraunothnetophobie? C'est la peur de la chute des satellites. Et la pantophobie? C'est la peur de tout.
Or, avoir peur de tout, c'est avoir peur de n'importe quoi.
Quand je n'ai rien à penser, je théorise. En regardant Le Banquier l'autre soir, comme ma matière grise n'était pas excessivement sollicitée, j'ai théorisé.
Au bout d'un moment, j'en suis venu à poser l'hypothèse suivante: "Dans les jeux télévisés, la valeur des prix semble inversement proportionnelle aux efforts intellectuels requis de la part des concurrents."
Dans cette chronique, je tenterai de valider cette hypothèse.
Il y a deux ans, j'avais goulûment dévoré les DVD de cette série-culte en Angleterre. À première vue, The Office
n'a l'air de rien. Un faux documentaire sur la vie de bureau. Le
quotidien beige d'un noyau de collègues orbitant autour d'un patron
pathétique, David Brent. L'humour de The Office s'exprime
en partie à travers les subtiles relations entre ce patron, qui aurait
voulu être un artiste, et l'invisible équipe de tournage du
documentaire.
Et dire que j'étais fou de joie à l'idée que la série britannique The Office soit adaptée au Québec.
Parlons plutôt du second. Depuis sa sortie au milieu des années 70, Passages
s'est écoulé à des millions d'exemplaires. Cela s'explique. Ce monument
de la psycho pop, qui traite des "crises prévisibles de l'âge adulte",
est apparu au moment même où les baby-boomers entamaient le virage le plus périlleux de leur existence: la trentaine.
De toute ma vie, mes parents ne m'ont offert que deux livres en cadeau: Le Livre des records Guinness 1987 pour mes 10 ans et Passages de Gail Sheehy pour mes 18 ans...
Il arrive parfois qu'une série télé atteigne un sommet ultime
d'absurdité, un point de non-retour. Un moment charnière qui nous fait
croire que l'auteur de la série a bel et bien épuisé son sac à bonnes
idées.
Les Américains ont une expression savoureuse pour nommer le phénomène: jump the shark (sauter le requin).
Cette semaine, une chronique sans cynisme et sans commentaires désobligeants. Cette semaine, je fais mon coming out.
J'aime Gilles Renaud. Voilà, c'est dit.
Comédien au long cours incrusté dans le paysage depuis près de quatre décennies, Gilles Renaud a l'étoffe de ces artistes qui donnent texture et richesse aux oeuvres qu'ils défendent.
C'était Radisson (1965), ce valeureux coureur des bois à chapeau de poil. C'était Le courrier du Roy (1958), chroniques d'un messager du gouverneur de Nouvelle-France. C'était D'Iberville
(1967), fresque relatant les prouesses de l'explorateur et militaire
Pierre LeMoyne d'Iberville, fondateur de la colonie française de la
Louisiane.
Dans les années 50 et 60, il y a eu à Radio-Canada une vague de séries
d'aventures faites d'écorce de bouleau, de peaux de castor et de
méchants Anglais.
Déjà un demi-siècle qu'Helen Wagner évolue dans un monde de trahison,
d'amour impossible, de jalousie, de cocus, de belles blondes et de
beaux bruns. Depuis 50 ans, l'actrice américaine de 88 ans joue le même
rôle, dans le même roman-savon, As the World Turns. Une longévité qui lui a valu une place dans le Livre des records Guinness.
Si ça vous chante, j'ai participé hier à l'émission Pourquoi pas dimanche? (Première chaîne de Radio-Canada). Il s'agissait d'une discussion portant sur la fameuse disparition des séries lourdes de la télé québécoise... À écouter en ligne.
Lundi
prochain, ce sera la dernière des Citadins du rebut global. Les cinq
volontaires auront fait de leur immeuble pourri un petit bijou de
récupération. Pinceau que c'est inspirant!
Au Danemark, depuis une certaine histoire de caricatures représentant Mahomet, il y a comme un désir de rapprocher les cultures islamiques et occidentales. Je sais pas pourquoi.
Et c'est d'ailleurs que veut faire un nouveau talk-show diffusé à la télé publique danoise. Sauf que l'émission est coanimée par une jeune femme de 24 ans d'origine palestinienne, Asmaa Abdol Riyad-Hamid, qui porte le hidjab.
Des membres du Parti populaire danois (DPP), un parti contre l'immigration, ont critiqué l'émission. Pour eux, aucun animateur ne devrait porter en ondes de symboles religieux. La direction de la télévision publique danoise a tenu son bout en défendant le hidjab dont son animatrice.
Bonne idée. Une société libre ne peut pas octroyer à certains le droit de caricaturer Mahomet, et refuser à d'autres le droit de porter le hidjab en public. Ça fait comme pas conséquent. Liberté d'expression et liberté de culte, ce ne sont pas deux concepts si étrangers après tout.
En 1964, l'arrivée des "sacres" dans le téléroman Septième-Nord créait au Québec un petit scandale. La télé d'ici venait de transgresser un autre interdit.
Depuis, c'est fou les tabous qu'on a abattus!
Il y a des histoires que notre télé n'a plus les moyens de raconter. Les fresques historiques, comme Les Filles de Caleb ou Marguerite Volant, sont trop chères. Les sagas aux multiples personnages, comme Scoop : à oublier. Les histoires d'hiver, impossible. Les drames se déroulant à plus de 25 kilomètres de Montréal, le moins possible...
La protection de l'environnement est la principale préoccupation des Canadiens, selon un récent sondage mené par le Centre de recherche et d'information sur le Canada. Notre télé devra s'ajuster.
Puisqu'il est devenu une vedette en coupant les carottes chez Maman Dion, je me suis dit qu'Éric Salvail devait connaître la recette d'un bon talk-show. "Ça prend du divertissement, lance-t-il. Il faut aussi des entrevues qui nous permettent d'apprendre quelque chose de nouveau sur la personne et un animateur que le public aime retrouver." En somme: du plaisir, du croustillant, du charisme...
Ils naissent dans un monde de 250 chaînes, de jeux vidéo, de magazines « full-cool-branchés ». Ils naissent aussi dans le cyberespace, à deux clics seulement de lieux fort peu recommandables. Les enfants d’aujourd’hui baignent dans un univers « hypermédiatique ». C’est quoi le problème?
Bâtir une maison à même les plus vils rebuts. L’idée était folle. Et pourtant, Les Artisans du rebut global, une série présentée à l'automne 2004 (et en reprise cet automne) à Télé-Québec, a prouvé que c’est dans les folles idées que naissent les grandes réalisations...
Lire la suite "Les artisans du rebut global > Maison modèle" »
Marc Weingarten: The Gang That Wouldn't Write Straight: Wolfe, Thompson, Didion, Capote, and the New Journalism Revolution
L'histoire du nouveau journalisme. Trop inspirant. (***)
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